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Peut-on être libre et heureux au travail ?

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Margaux Lajouanie

16 septembre 2019

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Dans nos démocraties, la liberté est régulièrement associée au bonheur. Mais au travail, au sein de l’entreprise, le bonheur est-il compatible avec la liberté ?
Le cadre, même horizontal, le management, même bienveillant, et les exigences de compétences, imposés pour assurer la pérennité d’une société, n’imposent-ils pas de renoncer à certaines libertés ? Petite enquête philosophique au travail.

Notre époque, comme d’autres avant, interroge le travail. Si la pénibilité, les congés et le salaire entrent encore en ligne de mire, ils ne sont plus au coeur du débat. Insécurité de l’emploi, burn-out et autres bore-out ont pris la relève. Et ils questionnent le sens du travail, la possibilité d’être heureux à la tâche.

Résultat, hiérarchie, management et objectifs de performance ont rapidement été pointés du doigt. Et c’est vrai : comment se sentir bien au travail dans un système fait de bureaucratie, de cloisonnement des fonctions, de petits chefs, et d’objectifs tyranniques ? Comment s’épanouir à répéter les mêmes gestes ou missions ?

La hiérarchie s’effondre

Ce questionnement a donné naissance au concept d’entreprise libérée. Libérée de quoi ? Du temps de travail, du lieu de travail, du stress au travail, voire de la peur au travail. Des entrepreneurs aux économistes en passant par les sociologues, le sujet a enflammé bien des méninges !

 

Citons par exemple l’ouvrage de Isaac Getz et Brian M. Carney, Liberté & Cies, Quand la liberté des salariés fait le succès des entreprises, paru en 2013. Les deux co-auteurs sont allés chercher des entreprises bien décidées à changer leurs modèles organisationnels et de décision. Et pour eux une conclusion s’impose : entre sens, liberté et envie, les salariés retrouvent un bien-être au travail et font preuve d’une performance supérieure.

 

Ils montrent “qu'il existe une autre manière d'agir et nous invite dans des entreprises où la liberté est devenue le principe de management. On y laisse les salariés prendre des initiatives au lieu de leur dire comment faire. On les traite en adultes responsables au lieu de limiter les informations dont ils disposent et de faire contrôler chacun de leurs faits et gestes par une hiérarchie pléthorique. On encourage la prise de risque”, écrit l’éditeur Flammarion.

Par quoi passe cette libération heureuse ? Disparition de la hiérarchie, de l’organigramme, fin des avantages accordés en fonction d’un poste ou d’un objectif atteint... Nombre d’entreprises qui se disent libérées laissent même chaque salarié libre de déterminer ses horaires, le contenu de son poste et parfois son salaire.

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Attention toutefois : ces transformations restent minoritaires. Et sans aller jusque là, l’importance du bonheur au travail a conduit experts et dirigeants à des modifications moins radicales mais assez proches. Au fonctionnement vertical, on oppose ainsi volontiers une organisation horizontale et des modes de travail collaboratifs. Au cloisonnement induit par les fiches de poste, on préfère aujourd’hui fonctionner par mission ou avec des teams pluridisciplinaires. Au lieu d’un bureau unique, les environnements d’entreprises ont la cote. Ici chaque espace – de créativité, de calme, de repos, de rencontre -  est propice à l’épanouissement du collaborateur. On favorise le télétravail aussi. Et aux managers, on demande de devenir des coachs bienveillants et motivants, de confier des responsabilités et des tâches différentes en fonction des dossiers et des profils et non sur la seule base d’une grille salariale.

“Au lieu d’un bureau unique, les environnements d’entreprises ont la cote. Ici chaque espace – de créativité, de calme, de repos, de rencontre –  est propice à l’épanouissement du collaborateur.”

Où s’arrête la liberté ?

Ces transformations semblent donc bien faire de la liberté et du bonheur les deux composantes du travail du futur. Et pourtant l’entreprise n’en reste pas moins un lieu de décision, de gains et de dépenses.  Son activité reste, selon les secteurs, conditionnée à des contraintes de marché et un enjeu central de pérennité. Car sans pérennité pas d’emplois.

On demandera donc toujours à un collaborateur de satisfaire les attentes d’un client, ou de résoudre un problème dans l’urgence. Ses compétences en matière de marketing, de gestion des données, de vente, de comptabilité, de sécurité ou encore de jurisprudence seront toujours clés pour les recruteurs. Et il y aura toujours des plannings et des budgets.

Peut-on alors s’assurer d’avoir des collaborateurs heureux et libres ? Le sujet aurait de quoi faire plancher plus de 4 heures les candidats au bac. Entre ressenti et raison, où mettre le curseur ? Car on aurait vite fait de confondre désir et choix. Et comme l’a si bien écrit Jean-Paul Sartre dans L’Être et le Néant, « la formule « être libre » ne signifie pas « obtenir ce qu’on a voulu ». 
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Fameuse, cette phrase de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 porte peut-être la réponse : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi ». Des propos qui pourraient inviter les entreprises à écrire collectivement leur Constitution. Ou simplement à accepter que comme dans la vie, le travail aussi est fait de compromis.

 


Et PayFit ?

En passant de 10 à 300 employés en 3 ans, on apprend énormément, on teste, on itère, on échoue, on réessaye, on échoue à nouveau, on réussit, et ainsi de suite. La seule chose dont on est sûr tout au long de ce parcours, c’est que l’on vit une aventure humaine et c’est celle-ci que l’on veut chérir, cultiver, et élever. Mais comment ?

 

La définition du bonheur et plus précisément du bonheur au travail évolue au travers des générations. Quel est notre rôle en tant qu’entreprise ? Quelles sont les actions que nous devons mettre en place ?

 

Ces questions sont au coeur de nos réflexions au quotidien.